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01.01.2022 à 14 H 37 • Mis à jour le 01.01.2022 à 14 H 41
Par
Engrais

Affaire Mosaic : Le lobbying d’OCP convainc les producteurs américains de maïs de passer à l’action

Le lobby du maïs américain , NCGA, lors de la signature de la lettre à Mosaic. NCGA/Twitter
Dans l’affaire qui l’oppose aux Etats-Unis à son concurrent local Mosaic, le groupe OCP, épaulé par le cabinet d’influence Covington & Burling a développé un argumentaire qui a été entendu par les lobbys agricoles, dont la National Corn Growers Association (NCGA) qui accuse Mosaic d’avoir déclenché une hausse vertigineuse des prix des engrais aux dépens des agriculteurs américains

Les dirigeants de la National Corn Growers Association (NCGA) américaine ont envoyé à la mi-décembre, une lettre de protestation à Mosaic, principal producteur d’engrais aux Etats-Unis, lui reprochant d’avoir déclenché une hausse vertigineuse des prix après avoir érigé une « barrière tarifaire insurmontable » pour maintenir ses principaux concurrents, dont OCP, hors du marché américain au détriment des agriculteurs américains.


Pour rappel, l’enquête réglementaire américaine ciblant les importations de phosphate émanant du Maroc a été stimulée par une pétition du rival américain d’OCP, Mosaic.


Dans cette affaire qui oppose le groupe OCP à son rival Mosaic, l’International Trade Commission (ITC) avait rendu en mars dernier sa décision qui a pour conséquence l’application de droits compensateurs de 19,97 % sur les importations d’engrais phosphatés en provenance du Maroc. L’ITC avait alors conclu à un « préjudice » (injury) en faveur de Mosaic.


Alors que Mosaic avait demandé dans sa requête d’appliquer des droits compensateurs de 70 %, le Département américain du commerce avait fini par fixer un taux de 19,97 %, dont 18,42 correspondant aux « mining rights ».


« Cette décision intervient en dépit des arguments présentés par le Groupe OCP sur l’absence de fondements à l’imposition de ces droits, et des nombreuses voix importantes qui se sont opposées à la requête de Mosaic dans le secteur agricole –  distributeurs, associations et coopératives –  ainsi que des élus des deux chambres », avait commenté une source proche du dossier.


Le groupe OCP avait en octobre 2020, recruté le cabinet d’influence Covington &  Burling à qui il a versé jusqu’ici 15 millions de dollars pour défendre ses intérêts devant les autorités de régulation américaines. La stratégie conçue par une task force qu’avait mise en place OCP avec Covington &  Burling s’appuie sur une série de contre-arguments. OCP avait alors obtenu le soutien de 17 sénateurs et de nombreux acteurs et lobbys agricoles dans son bras de fer avec l’Américain Mosaic. Cinq groupes commerciaux agricoles, dont l’American Soybean Association (ASA), la National Corn Growers Association (NCGA) et le National Cotton Council (NCC), ont déposé un mémoire d’amicus en octobre devant le tribunal de commerce international en faveur d’OCP.


Le monopole de Mosaic porte préjudice aux agriculteurs

« Depuis 2020, tous les engrais azotés sont désormais plus du double de leur prix : l’anhydre est en hausse de 131 % et l’urée de 110 %. La potasse est en hausse de 120 %. Rien qu’en octobre 2021, le prix des engrais anhydres a bondi de 26 % par rapport au mois précédent à des niveaux jamais vus depuis 2008. L’urée a augmenté de 21 % par rapport aux mois précédents, et le prix de la potasse est désormais 13 % plus élevé », selon la lettre de la NCGA.



La lettre à Mosaic indique que « la position de Mosaic à ce jour a été un chef-d’œuvre de RSE irresponsable », soulignant l’emprise que la société américaine a exercée sur ses clients suggérant que le monopole de l’entreprise crée de graves problèmes pour les agriculteurs.


« Seulement 15 % des importations de phosphore entrent désormais aux États-Unis sans droits de douane », note la lettre, regrettant, selon les experts, une utilisation du protectionnisme pour manipuler la courbe d’offre et la fixation des prix aux agriculteurs.


Pour illustrer leur propos, les producteurs de maïs signataires disent que les estimations montrent que des tarifs compris entre 30 % et 70 % sur les importations de phosphate équivaudraient à environ 480 à 640 millions de dollars de factures d’engrais supplémentaires pour les agriculteurs américains.


Le sénateur républicain de l’Iowa, Chuck Grassley, a également envoyé une lettre au procureur général Merrick Garland appelant le Département de la Justice à enquêter sur les préoccupations soulevées par les agriculteurs. Dans une industrie avec des participants limités, les entreprises d’engrais ont les moyens de manipuler le prix que les agriculteurs paient, dit-il.


« Le Département de la Justice devrait ouvrir une enquête sur le marché des engrais afin que les agriculteurs de tout le pays puissent avoir l’assurance qu’il n’y a pas de violation de la loi antitrust américaine dans l’industrie des engrais », a écrit Grassley à Garland.


Chris Edgington, président de la NCGA a déclaré : « Les tarifs sur les engrais imposent un fardeau financier incroyable aux agriculteurs américains. Il n’y a aucune raison pour que des sociétés comme Mosaic Co. et CF Industries utilisent le gouvernement pour étendre leurs monopoles aux dépens des agriculteurs. C’est pourquoi nous étions si reconnaissants que le sénateur Grassley nous ait rencontrés, ait écouté notre histoire et ait ensuite pris des mesures immédiates ».


Les producteurs de maïs disent que le moment est venu pour Mosaic de changer de cap. « Nous vous demandons de retirer volontairement vos droits compensateurs et de permettre le retour d’un approvisionnement critique aux États-Unis à un moment où l’approvisionnement est insuffisant et où les prix du phosphate montent en flèche », expliquent-ils.

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