Guerre au Moyen-Orient : le PJD souffle le chaud et le froid
Le secrétariat général du Parti de la justice et du développement (PJD) s’est réuni ce 7 mars à Rabat sous la présidence d'Abdelilah Benkiran, pour examiner les derniers développements politiques internationaux, nationaux et partisans, annonce un communiqué diffusé ce lundi. À l’issue de cette réunion, le parti d'opposition a publié un communiqué dans lequel il se prononce sur la guerre au Moyen-Orient, la question du Sahara, la situation intérieure, mais aussi les échéances électorales de 2026.
Abdelilah Benkiran est longuement revenu sur les tensions internationales actuelles, évoquant ce qu’il qualifie de « son rejet de l’agression brutale menée par les États-Unis et l’entité sioniste contre l’Iran, son peuple et ses ressources, ainsi que de l’agression israélienne contre la souveraineté et le territoire du Liban ». Dans le même temps, le chef du PJD a dénoncé les attaques iraniennes contre plusieurs États arabes du Golfe, qu’il juge « inacceptables et injustifiées ». Il affirme plus précisément « son refus absolu de toute atteinte à la sécurité, à la stabilité et aux intérêts vitaux des pays arabes et musulmans frères, notamment face aux attaques iraniennes contre leurs voisins du Golfe ».
Le parti adopte une position d'équilibriste. Tout en condamnant l’offensive « américano-sioniste » contre Téhéran, il appelle les autorités iraniennes à ne pas répondre par des actions militaires visant leurs voisins du Golfe, afin d’éviter une escalade régionale susceptible de dégénérer « en guerre généralisée et un affrontement majeur entre États d’une même nation, qui ne servirait que les objectifs de domination américano-sionistes », fait-il savoir dans sa communication.
Il invite les dirigeants des pays arabes et musulmans, notamment l’Arabie saoudite, l’Égypte, la Turquie et le Pakistan, ainsi que les États du Maghreb, en particulier le Maroc et l’Algérie, à dépasser leurs différends pour faire face aux dangers qui menacent la région.
« Le secrétariat général appelle l’ensemble de la nation – dirigeants, peuples, élites, partis et forces vives – à agir avec responsabilité pour unir les rangs et coordonner les efforts afin de constituer un front de résistance pour défendre la sécurité, la stabilité et les intérêts des peuples de la nation face aux menaces croissantes. Cela intervient dans un contexte marqué par l’affaiblissement du droit international et des institutions onusiennes, ainsi que par le non-respect des principes, valeurs et normes censés régir la gestion des conflits. Il met également en garde contre ce qu’il qualifie de plan sioniste visant à contrôler les États, les peuples et les ressources de la nation », poursuit-il.
Le PJD s'affiche comme soucieux d’éviter toute lecture d’un alignement politique sur Téhéran. En dénonçant simultanément l’intervention américaine et les attaques iraniennes contre les États du Golfe, le PJD ménage également les monarchies pétrolières, dont certaines, à commencer par le Qatar, ont historiquement entretenu des liens politiques et idéologiques avec des mouvements proches de la mouvance islamiste. Cela sans oublier sa proximité affichée et assumée avec le Hezbollah au Liban, d'où la mention de la violation de la souveraineté territoriale du pays du Cèdre.
Lors de la réunion de son secrétariat général, le PJD a également abordé le dossier du Sahara. Tout en saluant le soutien international, il a également dénoncé « la campagne coordonnée menée par certains médias visant à perturber le processus de négociation et à gagner du temps afin de contourner les efforts du Conseil de sécurité et de l’ONU pour parvenir à une solution définitive à ce conflit régional ».
Dans sa communication, le PJD consacre également une large place à la situation en Palestine. Le PJD se dit « profondément préoccupé » par les mesures prises par Israël, notamment la fermeture de la mosquée Al-Aqsa aux fidèles pendant le mois de Ramadan et la poursuite des opérations militaires à Gaza. Le communiqué dénonce ce que le parti qualifie de violations répétées du cessez-le-feu, ainsi que l’intensification de la colonisation en Cisjordanie. Le PJD appelle les États musulmans et les forces vives de la société à exercer des pressions sur Israël afin de mettre fin aux attaques contre les lieux saints et la population palestinienne.
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