Cadmium : le lobby anti-OCP repart à l’offensive en France
Le Canard Enchainé repasse les plats réchauffés du danger du cadmium qui menacerait près de la moitié des Français de pathologies diverses.
Dans sa dernière livraison, le palmipède s’inquiète du fait que le ministère de l’Agriculture jusqu’ici dirigé par Marc Fesneau, - récent signataire par ailleurs d'une feuille de route de coopération avec Mohamed Sadiki incluant le volet sécurité alimentaire - trainait des pieds pour faire adopter un décret gouvernemental visant à limiter à 40 mg/kg sa teneur dans les produits comestibles. Le journal satirique rappelle que dès 2019, l’Agence nationale française de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) recommandait d’abaisser à 20 mg/kg la quantité maximale de cadmium dans les 400 000 tonnes d’engrais phosphatés répandus dans les sols de l’Hexagone par les agriculteurs. Et d’ajouter que ces engrais produits de phosphate « à très haute teneur de cadmium » sont fournis essentiellement par le Maroc, donc sans les citer, des usines du groupe OCP.
Le Canard laisse entendre que ce laxisme de la part du ministère de Fesneau, attribué à la pression de l’Union des industries de la fertilisation et du puissant syndicat agricole FNSEA, a perduré jusqu’à la dissolution de l’Assemblée nationale, comme pour dire qu’à la faveur d’un nouveau gouvernement issu des législatives anticipées, le sujet devrait remonter dans la pile des priorités de l’Etat.
Le sujet au sein de l’Union européenne remonte à mars 2016 lorsque la Commission de l’UE, alerté par les effets cancérigènes du cadmium sur la santé de l’homme avait proposé d'en revoir le taux autorisé pour les produits disponibles dans l’UE et d'en limiter la concentration à 60 mg de cadmium par kg de roches phosphatées, tout en espérant abaisser cette teneur à 20 mg/kg dans les 12 ans.
Dans le détail, le règlement comptait introduire des limites strictes pour le cadmium dans les engrais phosphatés. Les limites seront resserrées de 60 mg / kg à 40 mg / kg après trois ans et à 20 mg / kg après 12 ans. La Commission a également proposé une harmonisation facultative.
A l’époque, épaulé à Bruxelles par le cabinet Edelman et les juristes de Dechert, le groupe OCP faisait valoir la position « des principaux producteurs d’engrais et les associations professionnelles qui n’ont pas été consultés et qui sont fortement opposés à toute limite sous 80 mg ». OCP tentait aussi de démontrer qu'aucune preuve scientifique n'obligerait à ce stade des recherches à imposer des niveaux aussi faibles du métal lourd. Moscou qui ferraillait pour placer ses engrais dans l'UE alimentait la controverse à travers ses canaux d'influence.
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