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28.08.2019 à 13 H 45 • Mis à jour le 28.08.2019 à 13 H 45
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Influence

Un élu macroniste controversé courtisé par Aziz Akhannouch

Le président du RNI, ministre et homme d’affaires fortuné, déjà en pré-campagne électorale pour les législatives de 2021 dans l’espoir de faire barrage au PJD, s’est rapproché, selon nos sources, du Franco-marocain Yassin Lamaoui, investi par ailleurs par Emmanuel Macron pour briguer une mairie en France. Un mélange des genres qui avait déjà mené cet élu caméléon aux idées très à droite en Azerbaïdjan…

Le président du RNI, ministre de l’agriculture et de la pêche et homme d’affaires fortuné s’est, selon nos informations, rapproché dernièrement du Franco-marocain Yassin Lamaoui, ancien « militant libéral » des quartiers défavorisés en France, passé chez LREM d’Emmanuel Macron.


Selon nos sources, Aziz Akhannouch aurait fait un pont d’or à Lamaoui lui proposant un juteux contrat de 7 000 euros par mois pour en faire son conseiller de l’ombre, sans que l’on sache toutefois si cette offre a été entérinée. Objectif de la proposition, affirme-t-on dans leurs entourages : huiler les liens entre le RNI et LREM, mais aussi et surtout faire profiter le parti de la colombe de l’expérience du “marcheur”  menée depuis de longues années à Sainte-Geneviève-des-Bois (Essonne) avec pour ambition de s’attaquer aux poches d’électeurs acquis (ou potentiels) au PJD que ce soit auprès des couches sociales moyennes au Maroc qu’auprès de la communauté marocaine à l’étranger.


En 2015, Lamaoui lançait avec Hayette Hamidi, militante UMP, France Fière un think tank, inspiré de la droite dure et héritier de Sens Commun, mouvement issu de la « Manif pour tous » pour bâtir « un patriotisme moderne » et « ressouder la nation », à commencer par « la France d’en bas ». Il prône alors « une rupture avec la politique de la ville » menée depuis des années par une gauche jugée indolente… Alors conseiller municipal pour Les Républicains, Lamaoui avait reçu le soutien d’Alain Juppé et de Valérie Pécresse qui vantaient ses idées traditionnalistes


Pour le RNI qui cherche désespérément à séduire les classes moyennes conservatrices qui le jugent trop élitiste et déconnecté de leurs réalités sociales, la translation est vite faite dans le contexte marocain. Akhannouch d’ailleurs adopte un discours en tous points similaire pour convaincre les absentionnistes : « sur les 21 millions de Marocains en âge de voter, seuls 7 millions vont aux urnes. Ce sont ces 14 millions de voix potentielles qu’il faut convaincre », avait-il déclaré à Jeune Afrique, chantant les louanges d’un néo-libéralisme mâtiné de national-monarchisme qu’il déploie dans ses tournées régionales pour braconner sur les terres islamistes et istiqlaliennes.


Lamaoui a ce parcours atypique du franco-marocain ayant vécu entre les deux rives. De parents originaires d’Agadir, il est né en 1982 à Valogne dans la Manche où il passe ses premières années avant de s’installer en famille au Maroc. Il retourne en France en 1991.


Comme d’autres, cet éducateur sportif féru de football dont le cursus scolaire s’arrête à une licence professionnelle en management de la qualité, débute en 2004 son engagement politique par la voie associative, d’abord auprès d’une association musulmane, avant de tourner le dos à ses coreligionnaires au nom de la laïcité, refusant ainsi que les mosquées soient financées par l’argent public.


Au sein du Parti des Génovéfains (PDG) marqué à gauche, il se porte candidat aux cantonales de 2011 sur fond de première polémique, puis se fait remarquer dans une seconde avec Julien Dray, dinosaure du PS…il s’allie ensuite à la droite UDI-UMP pour les municipales…


Élu en 2014, il est actuellement conseiller municipal d’opposition dans son fief de Sainte-Geneviève-des-Bois dont il brigue la mairie sous les couleurs de LREM qui se prépare pour ses premières élections municipales en Essonne.


Lamaoui a déjà fait au moins une excursion hors de l’Hexagone pour faire valoir ses compétences auprès de dirigeants prônant ce nationalisme paternaliste qu’il affectionne. L’an dernier, Marianne révélait qu’en sa qualité d’assistant parlementaire, il avait accompagné en 2017 le député LREM Pierre-Alain Raphan, lui aussi élu de l’Essonne, jusqu’à Bakou. Un voyage, intégralement pris en charge par l’Azerbaïdjan, destiné à demander à son président Ilham Aliyev, grand adepte de la « diplomatie du caviar », de financer à hauteur de 2,8 millions d’euros une association pour promouvoir les liens de l’ex-république soviétique caucasienne avec la France…


L’opération éventée dans la presse avait fait chou blanc. En sera-t-il de même avec Aziz Akhannouch et le RNI qui cultive depuis un certain temps ses relations avec la macronie et dont les binationaux sont tout aussi courtisés par Rabat ?

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